[CR] La Montagne révoltée

L5R... la grande muraille en moins

[CR] La Montagne révoltée

La Montagne révoltée
Esotérisme et rébellion dans le Japon de Nobunaga, pour Tenga

A la différence des deux autres CR, sur cette partie, je suis joueur : j'interprète Dame Mayumi. J'avais écrit "Mayumi", mais "Dame Mayumi" s'est rapidement imposé...

(Re)définition du groupe

- (Kayaku) "La Montagne révoltée", pas mal ! Ca me plaît déjà beaucoup mieux. Très bien pour du cinéma de quartier, alors, pendant la bande annonce, on coupera vos discussion théologiques incompréhensibles. Ca, c'était pour Cannes mais vous avez choisi le mauvais titre. On fait quelques contre-plongées sur la miko tirant à l'arc, poitrine gonflée, on entrecoupe avec une attaque des lanciers et quelques tirs de mousquets, on peut mettre un rituel bizarre à condition qu'on croit que ça aboutit à une scène de sexe...

- (Dame Mayumi) Stop, je mets autre chose ? Mutiny on the Mountain ? Le nom du monastère ?

- (Kayaku) Tu vois quoi ? Quel est le point commun entre les membres du groupe ? Le monastère Shingon ? Non. Il n'y a que Gempachi [dont le joueur est absent] qui en soit vraiment. Arrête moi si je me trompes, mais tu t'en contrefiches, et moi aussi d'ailleurs. Par contre il y a une cause commune. Et on a même une égérie.

- (Nobukata Morikaze) Hey, vous me voyez vraiment aller haranguer les troupes ? On n'entend pas ma voix à cinq mètres : au moindre effort, je disparais. Demandez ça à Dame Mayumi.

- (Dame Mayumi) C'est moi que tu vois en égérie ? Quand je descend dans les villages, une fois l'an, ils ont peur que je les mange. Il suffit que les regarde. Vraiment. L'avantage, c'est qu'on ne me dérange jamais pour rien.

- (Nobukata Morikaze) Ce serait davantage porte-étendard, dans mon cas.

- (Dame Mayumi) Tu veux dire... dans la mesure où tu prêtes la légitimité de mon clan à ton oncle ? [Le Père Abbé].

- (Nobukata Morikaze) Tout à fait.

- (MJ) Bien. Vous êtes les Révoltés. Je veux bien, mais pour connaître votre Ambition, je peux savoir contre quoi ? ou qui ?

- (En choeur) Contre le seigneur chrétien !

- (Morikaze) Au-delà du différend théologique, je suis la seule survivante du clan qu'il a exterminé. Facile.

- (Mayumi) Il risque de me prendre des parts de marché ; et ce n'est pas comme si j'étais quelqu'un de très tolérant, déjà que j'ai du mal avec les bouddhistes shingon d'en bas...

- (Morikaze) tss...

- (Kayaku) Tu sais que j'arme le monastère. Parce que la loi du seigneur ne convient pas à mon style de vie.

- (Jizo) Hum... je n'ai rien de particulier contre le seigneur, ni contre les chrétiens que je ne connais pas vraiment, mais je viens d'arriver dans le groupe. Par contre, révolté, oui mais je ne sais pas encore trop pourquoi. Contre mon seigneur, parce qu'il m'a fait enfreindre la loi des kamis, mais je ne rejette pas la faute sur lui et il est lointain pour moi.

- (MJ) Bien. Révolte religieuse, pour le concept, ça vous convient ? Je pense que c'est le plus petit dénominateur commun, vous êtes assez hétéroclite comme groupe.

- (Mayumi) Fallait créer le groupe avant les persos, comme dans le bouquin, na. Fais pas ces yeux... tu sais que je te taquine, et je sais que c'était la première partie et que j'ai bénéficié de ton expérience après quand je suis passé de l'autre côté.

- (MJ) Mais ce n'est pas après toi que j'en ai. Je leur ai fait créé le groupe avant et ils ont perdu leur fiche de groupe...

- (Nobukata Morikaze) Faux faux faux ! C'est Gempachi qui l'a emportée !

- (MJ) C'est possible mais pas avéré et il y a eu deux nouveaux arrivants dans le groupe alors que vous ne pouviez plus produire la fiche qui aurait encadré ces arrivées. Ca mérite donc une redéfinition.

- (Nobukata Morikaze) Et dire que je n'avais pas créé une miko justement pour coller à un concept de monastère !

- (Dame Mayumi) Tant pis, on élargit. On aurait été tous les cinq lors de la création, peut-être que le monastère serait resté le point commun, mais ce n'est plus le cas. Bien... à part pour Gempachi qui ne croit plus en rien, même plus en le shosho qu'il boit, le concept me semble parfait. Du coup, l'Ambition coule de source : "Renverser le seigneur local et chasser les chrétiens". J'insiste personnellement sur la deuxième partie. L'Accomplissement qui va avec est "infliger un revers significatif au seigneur ou aux chrétiens".

- (Tous) Parfait !

- (Dame Mayumi) Pour l'Accomplissement, c'est quasiment l'accomplissement donné en exemple dans le LdB, aucun mérite. Un Karma peut-être les enfants ? Je vous rappelle que c'est ce qu'on veut pour notre groupe, pas forcément sa logique interne ou la cohérence de ses actes.

- (Kayaku) Prendre la place du seigneur ? Non, ce n'est pas logique.

- (MJ) Ce n'est pas grave ça. La vraie question, c'est "qu'est-ce que vous voulez jouer" ? Ca me donne des indications.

- (Kayaku) Tu es aussi un joueur dans la phase de création, tu as une envie ?

- (MJ) La vôtre sera mienne. J'ai déjà dit que je voulais jouer sur les interactions avec le monde des esprits, c'était mon voeu, je l'ai utilisé. Pour le karma, faites ce que vous voulez.

- (Nobukata Morikaze) On peut voir au-delà... l'ambition peut provoquer des choses qui nous dépassent totalement, comme les massacres de chrétiens.

- (Kayaku) Je te vois bien le faire directement, façon atelier décoration de la côté avec des croix. Oh je sais ! Provoquer la fermeture du Japon !

- (Jiso) Un peu anachronique. Inspirer la fermeture du Japon ?

- (Dame Mayumi) J'achète tout ! Je suppose que c'était pensé dans la continuité, alors... si je note "Inspirer les massacres de chrétiens et la fermeture du Japon", ça vous va à tous, vous êtes sûr ?

(assentiment général et jubilation non dissimulée du MJ)

- (Dame Mayumi) Hop, on passe aux ressources !

- (Nobukata Morikaze) On en a déjà. Pas toutes comme on est deux de plus mais on en a déjà. Et là encore, c'est Gempachi qui a les notes.

- (Dame Mayumi) Rhaa, dès qu'il s'agit de répartir des points et de prendre des avantages, y a du monde ! Le groupe a changé, on reprend à zéro. Si des trucs vous reviennent, tant mieux, sinon... on ajoutera si c'est bien une fois qu'on aura comparé. :mrgreen:
Go, je veux qu'on ait un groupe tout propre aujourd'hui.

Récapitulons.


Nom : La Montagne Révoltée
Concept : Révolte religieuse
Ambition : Renverser le seigneur local et chasser les chrétiens
Accomplissement : Infliger un revers notable au seigneur ou aux chrétiens
Karma : Inspirer les massacres de chrétiens et la doctrine isolationniste du Japon

Ressources (PJ ou PNJ responsable)

Entre crochets sont indiquées des ressources que le groupe n'a pas encore mais qu'il se fixe comme objectif d'acquérir.

Foi (2)
  • Monastère Shingon : "Le Monastère du lotus à huit pétales où siège le bouddha " (le Père Abbé)
  • Sanctuaire réputé dédié à Yuki-Ona (Dame Mayumi)
Hommes (2)
  • Père Abbé (Nobukata Morikaze)
  • Troupes de lanciers (Gempachi)
    [Arquebusiers]
Réputation (1)
  • Légitimité de l'ancien clan (Nobukata Morikaze)
    [Réseau de monastères amis]
Géographie (3)
  • Réseau souterrain (Kayaku)
  • Position stratégique du monastère : facile à défendre et dispose de chemins de fuite (Gempachi)
  • Sanctuaire abandonné (Jizo)
Savoir-faire (1)
  • Poudre (Kayaku)
  • Bibliothèque (Nobukata Morikaze)
    [Ecole]
Richesse (1)
  • Deux villages sous l'autorité du monastère : impôts, levées d'hommes légales (le Père Abbé)

Une ressource est laissée libre, pour le cas où. Et puis, il faut encore comparer avec la liste de Gempachi, même si a priori, tout a été retrouvé.

Très peu de points de confiance sont donnés. Dame Mayumi et Jizo en échangent un (à cause d'un prologue qui a été joué). Morikaze en investit dans son oncle, le Père Abbé, sa suivante, et un en Gempachi. Il faut dire qu'elle a grandi au monastère et ne connaît quasiment qu'eux.
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 10:43

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Mise au point sur le Shingon et le Shinto

J'espère que vous n'avez pas raté la thématique "Monde des esprits". Elle n'est pas classique dans Tenga et avait conduit le groupe vers un monastère Shingon.
Le choix de ce courant bouddhiste s'explique par sa nature ésotérique : l'illumination est atteinte par des rituels initiatiques complexes, en quelque sorte par la pratique de la magie.
Lors de la première réunion, les joueurs ne se voyaient pas répétant "Amida amida amida amida" ou le soutra du lotus toute la journée.
Ils ont donc opté pour un courant plus élitiste.

Le Shingon, variante du Tendai, n'en est pas moins impliqué dans les affaires politiques, d'où les ambitions du monastère et ses liens avec un artisan qui fabrique de la poudre et des mousquets.

Entre-temps, j'avais eu comme indication "monde des esprits", mais je ne savais que vaguement ce que les autres avaient fait. J'ai demandé si je pouvais créer une miko veillant un sanctuaire à l'extérieur du temps, assez profondément dans la montagne et, forcément, dédié le culte à Yuki-Ona, la Dame des Neiges.

Le Shingon et le Shinto, en théorie, ne s'opposent pas : la théologie du Shingon considère les kamis importants soit comme des bouddhas, soit comme des bodhisattvas et les rituels shinto, de leur côté, ont emprunté aux rituels bouddhistes. Certaines courants de pensée au sein des prêtres shinto, en outre, ont une vision du monde assez proche de celle des courants bouddhistes ésotériques, quoi qu'ils s'en défendent.

Il n'y a donc pas de problèmes. Le sanctuaire aurait pu être dans le temple. Cela arrivait. Je l'ignorais quand je l'ai créé. Le groupe aurait dans ce cas été davantage centré sur le monastère.
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 10:48

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Les Révoltés

Nobukata Morikaze

Age : 15 ans, Adulte
Concept : Porte-étendard de la rébellion
Révolte : Avoir survécu au massacre de son clan
Ambition : Avoir le contrôle de sa vie
Karma : Se libérer de son corps pour vivre selon sa vraie nature
Valeurs : sa flûte (2) + d'autres valeurs non notées sur la fiche de groupe

Points de karma : 0/3
Privilèges et revers notables : Bénie par les Kamis* (P) Ecoutée par les Kamis* (P), Lien karmique (P), Inapte au combat (R)
Compétences notables : Théologie, Rituels, Discipline, Flûte, Possession

Apparence : Morikaze est une très frêle jeune femme, à tel point qu'on se demande parfois si elle ne va pas littéralement s'évaporer ; sa complexion pâle et sa peau d'une grande transparence renforcent cette impression, ainsi que les quelques grains de riz qui lui tiennent lui d'alimentation. Tous les soirs à la même heure, elle joue de la flûte et ses mélodies emplissent le monastère de mélancolie.

Historique : Très jeune, Morikaze a vu son clan se faire massacrer, un jour d'hiver et de bilizzard. Sa survie reste un mystère non élucidé. Elle vit comme une nonne dans le monastère, à tel point qu'on peut se demander si elle se mariera un jour. Très proche de son oncle, elle a trouvé un certain apaisement dans l'étude des doctrines ésotériques shingon mais sa personnalité écrasante lui pèse et elle parfois l'impression de ne pas s'appartenir.

Dame Mayumi
Age : 34 (Entre-deux âges)
Concept : Miko crainte et respectée
Révolte : Avoir manipulé Yuki-Ona à des fins politiques
Ambition : Préserver les sources du Shinto
Karma : Devenir une sorcière des neiges
Valeurs : Shinto (4), Yuki-Ona (3)

Points de Karma : 0/5
Privilèges et revers notables : Expertise (P), Bénie par les Kamis (P), Ecoutée par les kamis (P), Statut (crainte et respectée) (P), Malédiction de Yuki-Ona (R), Sens diminués (sauf sur la neige où ils sont augmentés) (R), Hypothermie permanente (R), Vieille blessure - pneumonie (R), Obsession - convertir (R)
Compétences notables : Rituels (experte), Théologie, Aplomb, Discipline, Calligraphie, Arc

Apparence : Dame Mayumi vous regarde avec des yeux fendus en amande. Jamais, pourtant, personne ne fait la comparaison avec un serpent qui s'impose. Les cheveux peut-être, dissuadent : certains sont totalement blancs. Pas gris comme ceux des femmes âgés, pas en mèches comme ceux des coquettes. Non, des cheveux littéralement blancs son disséminés dans la chevelure. Sa peau n'est pas non plus banale. Elle n'est pas pâle comme celle des malades, non, elle est blanche. Comme la neige. Elle porte le même type de kimono, été comme hiver, avec de larges bandes rouges aux manches et des broderies d'or. Elle ne dit jamais une parole de trop, pose des questions déroutantes, n'émet jamais de jugement et ne s'occupe que du présent. Parfois, elle est prise de curieuses quintes de toux, que le temps soit beau ou laid, mais ne paraît pas faible pour autant.

Historique : Après avoir fréquenté les milieux favorables au retour aux sources du shinto et les avoir trouvés vains, Dame Mayumi s'est engagée corps et âme dans son sacerdoce. Tôt dans sa carrière, alors qu'elle venait de prendre la charge du sanctuaire, Yuki-Ona lui est apparue. Elle lui a demandé de quoi guider un égaré. Dame Mayumi lui a offert ses cheveux et a précieusement gardé sa chevelure intact en souvenir de ce jour. Ce n'était pas le dernier don.
Dame Mayumi n'était pas forcément en très bons termes avec l'ancien seigneur, à qui elle reprochait de vouloir instrumentaliser le sanctuaire, ce qui est au rebours de sa pratique du shinto totalement déconnectée du politique. Elle rejette depuis toute ingérence dans la vie de la communauté tant que la loi divine n'est pas en jeu.

Kayaku

Age : 20 (Adulte)
Concept : Artisan révolté
Révolte : Avoir trahi le milieu criminel [de mémoire]
Ambition : Devenir le meilleur fabriquant de teppos
Karma : Faire de son artisanat un art
Valeurs : Travail bien fait (2), Réputation (2), Rien que pour ma gueule (1), Sexe (1)

Points de Karma : 0
Privilèges et revers notables : Expertise (P), Connaissance secrète (P), Addiction : Sexe (R)
Compétences notables : Artisanat : teppos (Expert) ; Compétence secrète : Poudre (Acc)

Apparence : un jeune homme nonchalant, peu au fait des conventions sociales, au regard volontiers en-dessous ; il est toujours bien mis mais jamais impeccable : malgré tous ses efforts, son katogan se transforme immanquablement en boule de piquants tant ses cheveux rebiquent. D'un autre côté, ça lui donne un côté mauvais garçon, dont il joue auprès de ses dames, sans avoir un très grand succès, du moins dans la communauté villageoise.

Historique : Kayaku est d'abord un citadin, qui a frayé dans le milieu et a été une petite frappe avant d'être initié aux arts de la forge. C'était d'abord utilitaire, mais il s'est découvert une passion dévorante pour son métier et il a bientôt coupé les ponts avec ses anciens affidés. A la montagne, il est plus tranquille pour travailler son art mais manque de compagnie féminine sophistiquée et se trouve, plus généralement, un peu seul dans le village. Il ne se sent pas très bien non plus au monastère où règne une ambiance austère ou mélancolique, même si la jeune femme attise son intérêt.

Jizo

Age : 25 (Adulte)
Concept : Brute en quête de rédemption
Révolte : Avoir pris conscience qu'il n'était qu'un pantin entre les mains de son seigneur
Ambition : Comprendre le monde des esprits
Karma : Devenir le prêtre du sanctuaire qu'il reconstruit
Valeurs : Mon sabre est mon ami (2), Se libérer des ambitions humaines (2)
Privilèges : Expertise (P), Disgrâce (R), Dette (R)
Compétences notables : Sabre (E), Discipline, Athlétisme, Aplomb

Historique :

Jizo servait aveuglement son seigneur. Il faut dire que le simple fait d'avoir été accepté à son service le rendait loyal à la folie : Jizo n'a jamais eu d'amis. Patibulaire, il était déjà repoussant très jeune et dégageait une aura de menace qui lui valait des coups. Il est entré dans une spirale de violence, son seul moyen d'expression - le monde était violent avec lui, il l'était avec le monde. Les motifs du seigneur n'étaient pas si nobles : il en avait fait son exécuteur. Sur ses ordres, Jizo a attaqué un sanctuaire d'Inari, le kami de la fertilité et a massacré tous ses occupants. Au cours de l'attaque, Jizo a vu ses hommes de main mourir dans les flammes, les foudres du kami. Durant l'assaut, la statue du temple d'Inari tombe sur Jizo, l'enferme sous sa patte, mais l'épargne miraculeusement. C'en est trop pour Jizo. Il ne craint pas les hommes : leur justice n'est que celle du plus fort; cependant, Jizo craint la vengeance divine et croit qu'il a attiré sur lui le chatiment céleste pour les crimes qu'il a commis aux ordres de son Seigneur. Comprenant que celui-ci ne l'utilise que comme un pion, il choisit de déserter pour se faire pardonner par le Ciel. En fuite, il demande conseil à des prêtres. Gênés, ils lui indiquent un sanctuaire dans la montagne, où officie une miko réputée qui saura, lui ont-ils assuré, mieux qu'eux le guider dans sa quête.

Gempachi


Age : Entre-deux âges
Concept : Shohei cynique
Révolte : Prendre conscience qu'il appartient à un monde révolu
Ambition : Montrer aux autres leur vacuité
Karma : Trouver une cause
Valeurs : aucune [Il s'agit totalement de l'archétype]

Points de karmas : 0
Privilège : Expertise (P), Alcoolique (R), Irrésolu (R)
Compétences notables : Lance (E), Discipline

Historique : Gempachi ne croit plus en rien, même pas au Bouddha. Il attend que les jours se succèdent et se laisse porter par une routine bien remplie car ses responsabilités au sein du monastère sont nombreuses. C'est notamment lui qui entraîne les lanciers. Il reste unanimement respecté, que ce soit par le Père Abbé ou les moines, ou encore par Morikaze, mais il part à la dérive et s'adonne nuitamment à la boisson. En société, il se tient encore parfaitement et personne n'a encore rien remarqué. Mais pour combien de temps ?
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 10:51

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Comme je suis un grand malade, j'ai fait un diagramme relationnel juste après la redéfinition du groupe.

Des prologues ont été joués qui ont défini ces premières relations. Evidemment, j'aurais pu les écrire avant... mais c'était trop simple.

http://static.planeteroliste.com/SMF/mgal_data/albums/Lacuna___Welcome_in_Interzone/Dir_1/26352_591949f518606745b6bd9c6b2d26d90f.jpeg
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 11:03

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Prologue : Le Dit de Dame-Mayumi - Epiphanie

La couleur du temps, le bruissement des feuilles et la clarté de la neige n'annonçaient pas une journée ordinaire. Cette matinée, je la passais à préparer le temple, mon corps et mon âme à la venue de l'événement, et j'allais à sa rencontre. Je m'écartais du sanctuaire. Sous un pin, une flèche tendue vers le ciel, je me suis assise en tailleur et j'ai attendu, n'écoutant que les énergies premières et le chant des forêts, attentive. Et mon corps s'est soulevé. Non, c'est inexact. Il s'est dissipé. Toute sensation charnelle s'est évanouie. Pourtant, je ressentais tout, jusqu'à la chute d'une aiguille de pin sur la neige, jusqu'à la vie terrée sous son couvert, le palpitement de coeur de la moindre bête. Et une infinie douceur. Ses cheveux qui enserraient et caressaient ma tête et mon visage, et ses yeux noirs plongés dans les miens. Je la contemplais dans sa majesté sans les baisser. Yuki-Ona. Son souffle était glacé et formait des cristaux, mais je n'avais pas froid. Sa voix était pure et son autorité incontestable, et je l'aimai.

Mais elle n'exigea rien de moi. Elle me le demanda, comme une requête, et je ne l'en aimai que davantage. Le monde autour de moi devenait toujours plus intense. Elle avait besoin de guider des égarés. A peine avais-je formulé mon offrande en pensée - mes cheveux - que je sentis la force du lien qu'ils avaient créé. Elle me témoigna sa gratitude et petit à petit, l'apparition s'effaça et le monde devint plus terne. Je retrouvais mes sens et les trouvais étriqués. Et je vis deux servants du sanctuaire prosternés. J'avais la certitude que notre hôte était partie et je les relevai.

Je retournai au sanctuaire. Les autres servants se prosternèrent devant moi. Aucun n'osait parler. Je leur en donnai l'ordre. Alors, l'un d'eux me tendit un miroir et je vis ces cheveux blancs irradiant ma longue chevelure noire. Et la joie emplit mon coeur.
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 11:05

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Prologue : Le Dit de Jizo - Initiation

Il neigeait encore. La nourriture était rare. J'avais à nouveau faim et j'étais perdu. Le sentier menant au sanctuaire était couvert de neige et c'était à croire que tous les kamis en avaient après moi. Les prêtres m'avaient peut-être mal aiguillé pour venger les leurs. Je choisis un arbre solide. Si je me brisais la jambe, on retrouverait mon cadavre au printemps. J'atteignis presque la cime mais le sommet avait été frappé par la foudre. Cela suffit à me laisser voir une longue rangée de torii. Je ne voyais pas le sanctuaire, à croire qu'il n'était pas de ce monde.

Bientôt, je franchissais une rivière, avec le sentiment confus qu'il s'était passé quelque-chose, et plus tard le dernier portail, et j'entrais dans l'enceinte. Les premiers bâtiments, qu'on aurait dit conçu pour loger des pélerins, avaient beaucoup vécu et n'avaient pas l'air occupés. Je réalisais que j'avais mangé toutes mes réserves. Je n'avais rien à offrir au kami du lieu. Et je me rappelais l'entrée au temple d'Inari, les mains vides, et la sanction. Le kami avaient détruit ma nourriture et m'avait laissé mort de faim. Déjà, les autels étaient en vue. Une femme d'âge mûr balayait lentement les dalles et ne faisait aucunement attention à ma présence. Je posai mes affaires devant le premier autel et commençait à chercher une offrande qui conviendrait à un kami. Qu'aiment les kamis ? On leur donne souvent de la nourriture, mais aiment-ils d'autre chose ? Est-ce vraiment le seul moyen de leur être agréable ? L'argent me semblait ridicule et je n'en avais pas. Je n'avais rien. Hors mon sabre, qui fait partie de moi, je ne possède plus rien et je me demande si j'ai jamais possédé quelque-chose.

Le temps s'écoulait différemment, je le savais, et une fine neige s'accumulait autour de moi. Je sentis alors un regard sur moi, un regard aiguisé. Je levais les yeux et vit, immobile, statufiée presque, je vis au dessus de moi une silhouette rouge et blanche. Je ne connais pas bien le clergé, mais elle me sembla particulièrement rouge, plus rouge que les jeunes filles des temples des villes. Je plissai les yeux et vis les siens. Ils étaient fendus et me fixaient. Je n'aurais pas aimé être une proie en cet instant, mais je n'avais pas peur. Je n'avais pas peur car je savais que j'étais arrivé au bon endroit.

Elle ne dit rien, ne fit pas un signe, m'observa. Je redoublai d'efforts. Il ne me restait plus qu'une chose. Ma couverture. C'était l'hiver et j'allais faire l'offrande de ma couverture dans un sanctuaire dé la Dame des Neiges en espérant ne pas mourir de froid. Je me tournai vers la maîtresse des lieux, et lui demandai son avis. Elle me jaugea puis me demanda si mon offrande était sincère. Comme j'insistais pour savoir si la nature de l'offrande convenait, elle me retourna la question. Je considérai cela comme une mise à l'épreuve nouvelle et je ne reculai plus. Alors, je fis l'offrande de ma couverture à Yuki-Ona. Les lèvres de la maîtresse des lieux remuèrent, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Je demandai à haute voix à la déesse d'accepter avec bienveillance mon offrande et je pense voir vu un mouvement de tête approbateur.

Je racontai mon histoire à celle que désormais j'appellerai Dame Mayumi, le temps où j'étais le chien de mon seigneur, sa brute, et ce jour funeste où je dévastai le temple d'Inari et n'y laissai aucun survivant, le sanctuaire en flamme et la statue du kami s'effondrant sur moi. Elle m'écouta. Je n'arrivai à déceler aucune réaction sur la surface neigeuse de son visage, rien que de l'attention et une puissante réflexion. Elle n'avait pas cet air pincé et réprobateur des prêtres dont j'avais espéré l'apaisement. Alors, je parlai encore davantage. Je lui racontai la colère de la déesse, ma nourriture gâtée et la faim, les portes de la mort.
Et elle dit que j'avais bénéficié de la clémence d'Inari.
Je m'attendais à tout, mais pas à cela. Je lui dis que j'étais préparé à la colère des hommes, pas à la colère des dieux, que je la craignais, que je la connaissais mal mais que je pensais avoir souffert au-delà du pensable.
Il y avait d'autres prix. Peut-être n'étais-je pas prêt à les payer ? Elle me mit encore à l'épreuve en faisant valoir la facilité de la voie offerte par le monastère des Huit Pétales où siège le Bouddha, dans la vallée. Il en était hors de question, j'avais offensé un kami, ce n'était pas des bouddhistes qui allaient régler mon problème. Pourtant, assura-t-elle, ils connaissent aussi des kamis et avaient des moyens de les contraindre, là où elle n'était qu'une intermédiaire. Je rejetai le procédé et l'assurai de ma détermination. Elle eut l'air satisfaite, parla des prix terrifiants parfois demandés par les kamis, releva son kimono et toussa avec force.
Le jour où Inari parlerait par sa bouche, il faudrait que je sache quel prix j'étais près à payer. Si Inari lui demandait de renoncer au sabre, quelle serait ma réponse ?
Renoncer au sabre. Mon sabre, mon seul ami. Le seul ami que j'ai jamais eu. Elle sentit qu'elle avait vu juste et ajouta que l'offrande devait avoir un sens profond pour moi, sans quoi je ne serais jamais purifié. Son approche me plaisait. Depuis le début, elle cherchait à aller au coeur du problème, sans détours, mais je ne pouvais pas renoncer au sabre. Je lui dis que je pouvais le mettre au service du sanctuaire ou d'un kami. Je dus lui faire l'effet d'un enfant car elle sourit sans bienveillance. Passer du service d'un maître à un autre avait-il vraiment du sens ? N'étais je qu'un instrument ? Je me débattais dans ses questions avec mes résidus de philosophe martiale, disais des choses convenues sur l'union du guerrier et du sabre et ne parvenais plus à fournir de réponse. Je n'en étais plus satisfait moi-même. Alors elle eut cette question décisive : "Quelle est la volonté du sabre ?"

Je ne le savais pas.
C'est ainsi que j'entrai dans le service du sanctuaire, devant des voies nouvelles, multiples et s'élançant vers l'infini.
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 11:06

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Comme le lecteur attentif l'aura constaté, le Meneur de Jeu a fait procéder à la création du groupe puis des personnages mais il a été confronté à des arrivées postérieures à la création du groupe qui ont conduit à sa redéfinition. Il a également fait jouer des introductions en solo ou duo qui ont accentué, en typant davantage les personnages, la nécessité d'une remise au point (la première apparition de Yuki-Ona pour Dame Mayumi, l'extinction du clan et la fuite éperdue pour Nobutaka Morikaze, les portes de la mort et l'arrivée au sanctuaire pour Jizo, et d'autres choses que j'ignore). Cette redéfinition s'est faite à la demande des joueurs (décidément intégristes en matière de Tenga). Enfin, ça a plutôt été : "MJ, on prend une demi-heure pour faire le point ?"... qui se sont transformées en quatre heures, mais les cadres de la campagne commencent à avoir de la gueule.

Cette technique a eu le désavantage d'être chronophage mais a laissé le soin aux joueurs de bien définir leurs attentes ou d'en changer. Jizo, par exemple, a vu son karma réécrit et son lien avec le groupe se faire relativement facilement dans la phase de redéfinition alors que ce lien était loin d'être évident au départ.

Alarmés par la cloche

Je n'ai pas assisté à cette séance : elle est reconstituée grâce aux récits faits au personnage et aux indications fournies par le meneur pour la correction.


C'est la nuit. Une froide nuit d'octobre.
La communauté villageoise est en émoi. On sort en catastrophe des maisons, on se prépare à jeter des bassines d'eau ou à fuir un invisible ennemi. La cloche d'alarme a retenti. Mais il n'y a rien. Ni feu, ni armée. Personne n'est allé la sonner. On se dispute, on crie, et tout le monde retourne se coucher.
Le lendemain soir, la cloche est à nouveau sonnée. Et le surlendemain.
On se décide à attraper le plaisantin, un jeune gars connu pour faire les quatre cents coups. Le chef du village le coince, il nie, son père lui colle un aller-retour. L'interrogatoire continue, sans succès.

Nuits d'alarme


Forcément, Kayaku traînait dans les parages, entre deux tentatives de séduction ratées et une séance de pêche interdite sous le pont. Il assiste et ce qu'il voit ne lui fait pas plaisir. Il aurait pu être à la place du môme, il y a encore dix ans. Au mieux toléré dans ce village où il est l'étranger, il va voir Gempachi. Il sait que la communauté le respecte, a déjà vidé quelques verres avec lui et le considère comme relativement ouvert. Pour un moine. Gempachi vient prestement et il est accueilli avec soulagement par la communauté. On amène le môme, qui continue à nier. Alors, c'est l'escalade. Gempachi parle d'une nuit au frais pour qu'il réfléchisse, et le chef de la communauté choisit un établi glacial, et ajoute qu'il n'aura pas de couverture. Gempachi a l'air satisfait et Kayaku est très déçu. Ce moine qu'il croyait un peu humain est aussi obtus que les autres. A la tombée de la nuit, il vient lui apporter une couverture au petit Guntaro et convainc facilement le paysan en faction devant la porte de la lui donner.

Au petit matin, la cloche sonne à nouveau.

Matins de Singe

Le lendemain, on songe enfin à une bête. Gempachi fait placer de la nourriture. La nuit suivante, la nourriture disparaît mais il reste un doute, d'autant plus que deux femmes sont agressées au crépuscule. L'une d'elle est griffée au visage et échappe de peu à la défiguration. Elles n'ont pas vu leur agresseur, ou plutôt elles ont vu un kimono blanc voler dans les airs. On commence à craindre un fantôme et la communauté est à cran.
Gempachi promet une intervention rapide du monastère. Il demande au Père Abbé que Nobutaka Morikaze soit prévenue. Or, la nuit précédente, elle a justement rêvé d'un esprit perdu, cherchant désespérément un chemin. Une âme errante ?

Le lendemain soir, une nouvelle agression sur une femme, cette fois sans le kimono, déclenche la réaction immédiate du monastère : Gempachi et Kayaku fouillent le village dans l'espoir de trouver des traces matérielles, mais surtout dans l'espoir de ramener le calme. Dans une cache, plus exactement la sous-pente d'un toit, Kayaku trouve le kimono d'enfant, de menus larcins et un bracelet couvert de pierres semi-précieuses. Il manque le singe. Mais la battue de Gempachi permet à Nobukata Morikaze de le voir et elle affirme que l'esprit de son rêve flottait au-dessus de lui. S'agirait-il d'un yokai ? Pour apaiser les villageois, ils ne formulent pas cette hypothèse, mais ce silence ne peut étouffer l'angoisse dans les coeurs.

Le Père Abbé décide de faire appel à Dame Mayumi.

[Changements de valeur : Kayaku diminue "Rien que pour ma gueule" de 1 car il est venu en aide au jeune garçon et s'est mis au service de la communauté ; il décide que cette valeur est appelée à disparaître].
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 11:10

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Séance 2 : La Pyromane et la Miko des Neiges

Chasse nocturne

Un moine se présente au sanctuaire de Yuki-Ona, nanti d'un mot du Père Abbé préconisant l'intervention de "l'autorité compétente". La formulation est un peu étrange mais effectivement, pour Dame Mayumi, il n'y a d'autre autorité compétente qu'elle et elle se prépare à intervenir. Elle teste le moine pour voir s'il n'a pas été ébranlé dans sa foi. Visiblement, non : la crise n'est donc pas si grave.

Pendant ce temps, Kayaku assiste les chasseurs qui posent les pièges et repère les emplacements. Ensuite, il va voir l'étrangère, la seule qui ait un vernis un peu urbain dans ce village de rustres. Elle vit seule, il se dit tout et son contraire à son sujet mais Kayaku pense que c'est tout simplement la communauté qui l'entretient. Il compte sur leur différence commune pour qu'ils se rapprochent. En outre, le bijou trouvé lui fournit une entrée en matière. Certes, il s'avère qu'il ne lui appartient pas, mais la conversation est engagée, le passé évoqué avec une pointe de nostalgie. Kayaku décide de rendre ses visites régulières et d'apporter des cadeaux, du poisson notamment, à la fois équivoque, réellement utile et paré du charme de l'interdit.

Dame Mayumi et Nobutaka Morikaze sont présentées et la situation exposée. Dame Mayumi est vivement intéressée par le don de Nobutaka Morikaze, mais ses convictions ne sont pas ébranlées : elle ne l'interprète pas comme la conséquence d'une forme plus adéquate de rituel, la demoiselle étant restée pour le moins vague à ce sujet, mais comme un don qu'elle aurait développé. Il est donc bien dommage qu'une jeune fille doté d'un tel potentiel soit tombée chez des incompétents notoires - du moins en ce qui concerne la dimension spirituelle dont ils sont détournés pour privilégier les aspects communautaires, politiques et militaires.

Kayaku est introduit peu après pour donner sa version des faits à Dame Mayumi. Il trouve la miko "impressionnante", lui dit (du ton sur lequel on dit désirable), droit dans les yeux, puis la déshabille du regard. Elle apprécie beaucoup cette sensation de chaleur qui lui passe sur le corps. Il faut dire que ses interlocuteurs ont tendance à regarder le sol ou leurs pieds et elle n'a pas été regardée comme une femme depuis voilà plus d'une dizaine d'années.

A l'initiative de Morikaze, les deux femmes font des recherches sur les yokai dans la bibliothèque du monastère, même si elles penchent l'une comme l'autre davantage pour une possession. Après avoir compulsé divers ouvrages sans beaucoup de succès, voire sans beaucoup d'intérêt, elles en viennent à discuter plus généralement de leurs visions respectives des esprits. Le débat se trouve vite dans une impasse dans la mesure où Dame Mayumi use de provocations que Morikaze devrait comprendre comme telles, ce qui n'est pas possible dans la mesure où elle n'a pas les a priori qu'elle lui suppose. Elles en sortent déçues, Dame Mayumi parce que Morikaze est sortie de l'expérience pour invoquer les textes, sûrement l'influence intellectuellement stérilisante du Père Abbé, et Morikaze parce qu'elle pensait qu'une femme d'expérience comme Dame Mayumi aurait une vision concrète des esprits autre que celle qu'elle a vécue à lui proposer... alors qu'elle en a curieusement développé une vision bouddhiste finalement très abstraite !

Néanmoins, les précisions données par Morikaze permettent à Dame Mayumi d'affirmer le soir même qu'il suffira que le singe soit capturé pour qu'elle puisse intervenir. Elle invoquera l'esprit en elle. Morikaze accepte de mener l'entretien.

Pendant ce temps, le crépuscule passé, Kayaku compense son manque d'activité sexuelle par des activités de voyeur. Il a repéré un jeune couple très actif. Seulement, une fois sur place, il constate que la maison est faite de telle sorte qu'il entend très bien mais ne voit rien, faute de lumière. Ses contorsions [jet d'Effort] ne parvienne qu'à le fatiguer et à lui faire rater les meilleurs moments du spectacle.

Déçu, il part relever les pièges, en commençant par celui du pont, un endroit qu'il connaît bien pour y aller pêcher souvent. Dessous, bien sûr, pour ne pas être vu, même si c'est de notoriété publique au village. Il voit une forme bouger. C'est bien le singe ! Il va sur la pile du pont pour être en mesure de l'attraper et constate que le singe essaye de défaire le collet, qui lui a enserré le bras. Prenant le risque de rester bloquer sur la pile [Prise de risque : 1 ; non réalisé] il fait de son corps un appui pour le singe en lui dénouant le bras, pour mieux l'attraper. Cela n'est pas nécessaire : le singe s'agrippe à lui. C'est bien un singe apprivoisé, car il a, en plus, un collier. Le singe est très sociable et sympathise vite. Kayaku lui met tout de même une laisse, qu'il laisse longue. Au petit matin, le voilà au monastère.

Brasier(s)


Kayaku se fait annoncer au monastère et y pénètre en invité, au bénéfice de la capture du singe. Il peut s'y reposer, et, surtout, au petit matin, tenter de voir Dame Mayumi au bain. Il y va très tôt, bien décidé à se cacher pour la voir, mais accompagné du singe. Le garde de faction interdit que l'animal pénètre dans l'eau. Kayaku suit bien la consigne et le laisse au bord, mais l'animal s'éloigne et il court le rattraper. Le singe rejoignait un grand baquet et commence à jeter joyeusement de l'eau sur son nouveau maître. Sur ces entrefaites, Dame Mayumi, qui n'a pas rencontré de garde - à croire qu'il est parti exprès - ouvre silencieusement la porte car elle a entendu du bruit, regarde non sans curiosité le corps et l'attitude de Kayaku, et referme, cette fois plus bruyamment.

Une fois Kayaku parti, Dame Mayumi fait ses ablutions pour être en état de pureté lors du rituel. Elle requiert la présence de Morikaze, dans la mesure où elle estime qu'elle est la seule personne présente capable de dialoguer avec un esprit, et de Kayaku, qui pourra, pense-t-elle, apaiser le singe. Il faut dire qu'il a tendance à montrer les crocs en sa présence.

Morikaze confirme qu'elle voit bien un esprit, lié au singe. Quant à Dame Mayumi, elle entend procéder le jour même. Bientôt, elle délimite un sanctuaire avec des bandes de papier à la lisière du village. La foule se masse autour et certains paysans tapent dans leurs mais pour accompagner le rituel et le son des clochettes qu'agite en rythme Dame Mayumi. Elle fait disposer une grande vasque d'eau et demande à Kayaku d'y faire rentrer le singe. Il n'y parvient pas, l'eau s'étant refroidie et n'étant pas très agréable. Alors, Dame Mayumi se saisit d'un faisceau de rameaux, le trempe dans l'eau, psalmodie, s'approche du singe et l'asperge d'eau plusieurs fois. Le lien ainsi créé, elle achève le rituel en invitant l'esprit à s'incarner en elle.

A partir de ce moment là, l'esprit parle par la bouche de Dame Mayumi, même si elle garde le contrôle de son corps. Elle ne peut pas dialoguer d'elle même avec lui. En revanche, elle s'est mis d'accord avec Morikaze et Kayaku sur les grandes orientations de l'entretien, même s'ils ont trouvé ses indications un peu vagues.

L'esprit est celui d'une jeune fille, nommée Yaoya Oshichi, morte une dizaine d'années auparavant. Morte à 16 ans. Elle est invitée à raconter son histoire. Elle vivait avec sa famille, son père était marchand de légumes, dans une petite ville à proximité d'Osaka appelée Yawata. Un premier incendie de la ville avait poussé sa famille à se réfugier au sanctuaire d'Iwashimizu Hachiman, où elle avait fait connaissance d'Ikuta Shonosuke, jeune homme dont elle tomba amoureuse. Peu de temps après, pour revoir son amour, plutôt que d'aller paisiblement au temple, elle mit le feu, pour que sonne à nouveau la cloche d'alarme et qu'elle aille à nouveau se réfugier. Elle fut prise. Après avoir été longuement interrogée sur son âge - Dame Mayumi se dit alors que les autorités voulaient savoir si elle était mineure - elle fut condamnée à mort, et brûlée. Interrogée sur les causes de son errance, elle répond que son amour lui a juré fidélité sur sa tombe et qu'elle veut le retrouver. Dans la foule, le récit semble beaucoup émouvoir Okita, qui a le visage contracté. C'est alors que Yaoya Oshishi annonce benoîtement qu'elle pensait que "l'Artiste" pourrait l'aider. Très curieusement, il ne comprend pas ses indications, s'éloigne d'Osaka et elle désespère de retrouver celui qu'elle aime.

L'Artiste ? Oui, c'était un artiste, sur scène, son travail était de sonner la cloche. Forcément, se dit Morikaze, le singe est apprivoisé, il travaillait pour un théâtre. Il était bien disposé à la recevoir, très ouvert, et elle pouvait dialoguer avec lui sans problèmes, du moins il ne sait pas où est Osaka. Là, Morikaze, qui avait jusque là remarquablement mené l'entretient, révèle que c'est effectivement impossible qu'il le sache, car l'Artiste est un singe, et Kayaku appuie. Yaoya Oshishi entre dans une rage noire, mêlée de désespoir autodestructeur. Dame Mayumi sent qu'elle va regagner le corps du singe et qu'elle détruira son esprit. Elle décide de la garder en elle et de l'apaiser. [Risque : 1, "Que l'esprit reste bloqué en moi jusqu'à ce que j'aille sur sa tombe" pour passer de Expert à Maître et obtenir une Réussite correcte - réalisé !] Elle y parvient, mais l'esprit ne quitte pas son corps une fois le rituel terminé. Morikaze s'en aperçoit mais trouve cela tout à fait normal, et Dame Mayumi ne fait rien pour la détromper, car elle annonce car elle choisit de libérer le singe de son fardeau pour dialoguer de manière plus directe avec l'esprit et exaucer rapidement son voeu afin qu'il ne trouble plus la communauté.

Une fois le récit du rituel fait au Père Abbé, décision est prise de partir au plus vite pour Yawata. Le Père Abbé essaye de dissuader Morikaze, mais elle estime avoir des responsabilités, bien que Kayaku ait cherché à ce que le blâme retombe sur lui, ce qui leur vaut une certaine estime de la part de Dame Mayumi. Celle-ci s'inquiète : sera-t-elle de retour pour la première neige ?

[Changements de valeur : Kayaku crée la valeur "Sexe" et lui donne une valeur de 1]
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 11:11

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Distribution d'XP et redéfinition de la règle

Le meneur décide de ne pas suivre le système de Tenga, qui pose le changement de valeurs en condition. Il estime que les valeurs doivent d'abord être jouées avant d'être changées et veut éviter le changement artificiel.

Même s'il apprécie l'encouragement à l'évolution du personnage, il prend le temps de redéfinir la règle.

Il décide d'attribuer un XP par séance (sauf pour les prologues, courts), + des XPs en fonction de l'apport à l'intrigue. A ce titre, Dame Mayumi en reçoit deux de plus : un pour son choix face à Yuki-Ona (prologue), un pour le risque pris lors du rituel, qui a engendré une nouvelle aventure.

L'ouverture au monde de Kayaku, ainsi que l'introduction du singe, lui rapportent un XP : même s'il n'est pas possible d'identifier un moment, comme pour Dame Mayumi, il crée une dynamique.

Il attribue également des XPs pour l'avancée sur la voie du karma ou de l'ambition, surtout si elles impliquent un changement : à ce titre, Jizo reçoit un XP de plus pour son Prologue.

Nobukta Morikaze reçoit aussi un XP de plus. C'est à prendre avec des pincettes, mais je pense que les évolutions intérieures au personnage, certes de valeurs, mais surtout dans sa réflexion personnelle sur le monde, dont j'ai très mal rendu compte, ont poussé le MJ à cette rétribution, dans l'esprit de la règle originale à défaut de respecter la lettre.

Nous obtenons donc un système mixte, encourageant l'évolution de personnage et les apports narratifs, une sorte de compromis simulationno-narrativiste, finalement assez caractéristique de notre groupe.

Séance 3 : Oreiller d'herbes*

Durée de la séance : 2-3 h, ce qui est exceptionnellement court pour le groupe
*Métaphore japonaise classique pour le voyage et titre d'un très beau roman de Soseki.

Dame Mayumi est rentrée au temple faire ses préparatifs. Elle avertit Jizo qu'elle va partir et lui fait part des enjeux du voyage. S'il souhaite l'accompagner, il le peut. Jizo voit dans ce voyage une possibilité de mieux comprendre les kamis et plus généralement les esprits et fait part de sa volonté à Dame Mayumi, qui est satisfaite de son choix.
Jizo demande s'il pourra demander une couverture au monastère pour les premières nuits à la belle étoile. Dame Mayumi prend le temps de lui faire comprendre que ce serait vider la portée symbolique de son offrande et qu'il serait dangereux de se retirer ainsi de la protection de Yuki-Ona. [Note : le joueur fait alors un magnifique numéro de lourdaud encore un peu naïf]

Dame Mayumi prépare les papiers de voyage, indique comme but "pèlerinage au temple d'Hachiman de Yawata". Sans le demander à Jizo, elle le prend sur ses papiers, car elle estime qu'il est sous sa responsabilité durant toute la période d'initiation. Elle estime que c'est au monastère de payer le voyage mais prend de quoi assurer les frais pour le cas où l'argent serait mal géré ou en cas de conflit sur ce point avec le Père Abbé. Par contre, cela implique pour elle qu'elle réglera le problème en profondeur et qu'elle ne se contentera pas d'expulser Yaoya Oshishi une fois arrivée à Yawata. Elle donne des instructions pour l'entretien du sanctuaire, prend le minimum d'affaires, de quoi faire un rituel (son keisode, des feuilles sèches, les clochettes), un peu de papier et de l'encre pour d'éventuels omamushi. Un sémillant ancien attaché au sanctuaire les accompagnera pour l'assister au besoin.

Pendant ce temps, Nobukata Morikaze joue de la flûte.

Le Père Abbé et Dame Mayumi s'étant entendus sur un départ le lendemain matin, le Père Abbé met en place la logistique et prévoit deux chaises à porteur. Il charge Fumi d'accompagner sa nièce. Kayaku, de son côté, songe aux mauvaises rencontres qu'ils pourraient faire à Osaka, enfin, qu'il pourrait faire, car il a beaucoup d'anciens amis là-bas, qui pourraient se montrer un peu pressants : après avoir longtemps regardé avec amour un canon en bambou, il se décide pour une arquebuse, dissuasive, et pour trois grenades, afin de couvrir un départ précipité. Il en avertit le Père Abbé, qu'il n'ait pas de mauvaises surprises. Jizo, lui, n'a d'autres préparatifs à faire que de prendre un sac vide et son sabre.

A l'aube, le sanctuaire descend dans la vallée. Jizo remarque que Dame Mayumi n'a pas pris son arc. Elle s'interroge à haute voix sur l'utilité d'un arc rituel hors du sanctuaire. Jizo lui répond que les routes ne sont pas sûres et qu'elle a la flèche sûre. Dame Mayumi soupire, lui demande s'il comprend la fonction de cet arc. Jizo réfléchit et abandonne ses objections. Une fois au monastère, tout se passe très vite et le départ est dès plus feutré, sans mondanités. C'est à peine si les voyageurs qui ne se connaissaient sont présentés les uns autres. Kayaku attend avec le deuxième palanquin au village, affalé sur les marches et se contente d'un "on y va" en guise de salut. Dame Mayumi l'ignore et va saluer les porteurs, un peu surpris et pas forcément rassurés.

De fait, les premiers jours ne sont pas placés sous le signe d'une grande sociabilité. Dame Mayumi est toute entière concentrée sur son objectif mais ne fait pas grand-chose pour gagner une journée de voyage, à part des injonctions à la rapidité [pardon aux familles, je n'ai pas forcément été super-proactif sur cette séquence]. Nobukata Morikaze ne mange quasiment rien, et pas aux mêmes heures, ce qui ne facilite pas la conversation. En outre, Fumi, du haut de son 1m30, s'est donné le rôle de chaperon et empêche Kayaku, puis Jizo, de l'approcher. Dame Mayumi en est partiellement responsable, dans la mesure où elle a indiqué à Fumi que Jizo avait pour fonction d'assurer sa sécurité afin de clore la discussion, même si elle a aussi explicitement indiqué qu'il faisait partie du sanctuaire. Son apparence a pu - c'est une hypothèse - le faire prendre pour un vulgaire rônin à Fumi, qui a décidé qu'il fallait l'éloigner de Morikaze.

Cela dit, c'est au moment où elle le signifie avec autorité à Jizo que Kayaku peut en profiter pour se glisse près du palanquin de Morikaze et lui dire à qu'il voudrait mieux la connaître, qu'elle est étrange - l'impression est partagée, extraordinaire - mais non, elle n'est rien de tel. Cette conversation n'aurait jamais pu avoir lieu dans le monastère, mais ils en restent au premier contact. Quand le soir - à la belle étoile, Dame Mayumi fait un peu de conversation de groupe, les questions ne vont pas beaucoup plus loin mais ce petit monde fait lentement connaissance. Kayaku propose du tabac à Dame Mayumi et Jizo - il juge Morikaze trop fragile pour - Dame Mayumi refuse poliment mais ne donne pas la raison - ses poumons meurtris et Jizo refuse également, soit qu'il juge que le luxe n'est pas pour lui, soit qu'il imite la miko qui l'initie. Finalement, Kayaku fume avec Fumi.

Après deux jours à la belle étoile, la montagne est derrière eux et les bourgs se font plus importants. Fumi les devance, leur trouve un relais pour dormir, négocie la nourriture avec les rabatteurs puis les propriétaires des petits étals devant lesquels on mange, souvent debout. L'ambiance reste austère et Kayaku en a plus qu'assez. Il paye à boire dans le relais, fait de l'animation avec son singe et entraîne Jizo. Il lui révèle un peu de son côté voyou au détour d'une conversation sur la gestion des embrouilles. Pour le côté social, Jizo reste très en retrait : il a renoncé à la compagnie de ses semblables depuis bien longtemps et il évite de provoquer des remous. Sa présence, sa parole est en soi peut être perçue comme agression et il ne veut pas gâcher la fête, encore moins ralentir l'expédition. De son côté, Morikaze est partie se coucher et regrette de ne pas pouvoir jouer de la flûte. Dame Mayumi est restée dans la salle commune boire du thé mais ne se mêle pas aux convives, les observant de ses yeux fendus. Elle - qui n'a toujours rien déboursé - voit donc Kayaku emprunter de l'argent à Fumi et même tenter un :

- Non, je trouve même que vous avez du ch.......ien, oui du chien !
- Je suis peut-être une servante, mais je ne vous laisserai pas m'insulter.
- Ce n'est pas mon intention, je... vous traite sur un pied d'égalité.
- L'égalité m'importe peu, mais faites preuve au moins du minimum de respect.
- Ecoutez Fumi, je ne voulais pas vous manquer de respect, j'en suis vraiment désolé.

Fumi est apaisée. Le prêt se transforme en un service à lui rendre, qu'elle définira en temps et en heure. Kayaku attend tranquillement la fin du service d'une serveuse à qu'il avait donné rendez-vous et s'éclipse.

Fin de la séance

Notes pour moi-même (un peu extrapolées sur une séance très courte) :

  • Il est vraiment difficile de faire une séance rythmée autour d'un voyage ; une bonne documentation (ici l'histoire des papiers de voyage, les descriptions de ville et de la vie autour des voyageurs) crée une bonne immersion, mais ne suffit pas à motoriser la séance -> si je devais maîtriser un voyage, peut-être que j'insisterai sur la suspension des normes et contraintes sociales (car ce groupe les joue à fond) pour faciliter la création d'une dynamique interne ou pousser à de petites bêtises qui feraient boule de neige ; en tant que joueur, j'essaierai d'en tenir compte à la prochaine partie et de sortir un peu de ma morgue glacée (je pourrais même rire au lieu de prononcer sans cesse de menaçantes phrases sibyllins, pousser Morikaze à sortir de sa coquille, et pousser Jizo à contourner Fumi). Ce sera nécessaire si on refait des scènes de voyage et qu'on ne passe pas directement à Osaka / Yawata.
  • Les joueurs doivent toujours être proactifs - moi compris, qui ai je trouve particulièrement manqué de punch sur cette séance (épuisé par mon travail de secrétaire ?) Je me demande si on peut le faire de façon narrativiste, en s'inventant des péripéties ? On y a songé, mais on ne voulait pas gâcher ce que le MJ nous a prévu pour Osaka en invoquant d'ores et déjà les anciennes amitiés de Kayaku. En fait, il aurait été judicieux d'en discuter.
  • Arrêtons de faire nos autistes : les grosses barrières à l'interne pourraient être levées relativement facilement et il y a des PNJs, un extérieur pour lequel on peut éprouver de la curiosité sans mettre en péril le timing serré (au contraire : discuter des dangers du voyage permet de les anticiper et on peut se renseigner sur des raccourcis
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Messagepar Macbesse » 16 Aoû 2013, 11:12

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Macbesse a écrit:Notes pour moi-même (un peu extrapolées sur une séance très courte) :

  • Il est vraiment difficile de faire une séance rythmée autour d'un voyage ; une bonne documentation (ici l'histoire des papiers de voyage, les descriptions de ville et de la vie autour des voyageurs) crée une bonne immersion, mais ne suffit pas à motoriser la séance -> si je devais maîtriser un voyage, peut-être que j'insisterai sur la suspension des normes et contraintes sociales (car ce groupe les joue à fond) pour faciliter la création d'une dynamique interne ou pousser à de petites bêtises qui feraient boule de neige ; en tant que joueur, j'essaierai d'en tenir compte à la prochaine partie et de sortir un peu de ma morgue glacée (je pourrais même rire au lieu de prononcer sans cesse de menaçantes phrases sibyllins, pousser Morikaze à sortir de sa coquille, et pousser Jizo à contourner Fumi). Ce sera nécessaire si on refait des scènes de voyage et qu'on ne passe pas directement à Osaka / Yawata.
  • Les joueurs doivent toujours être proactifs - moi compris, qui ai je trouve particulièrement manqué de punch sur cette séance (épuisé par mon travail de secrétaire ?) Je me demande si on peut le faire de façon narrativiste, en s'inventant des péripéties ? On y a songé, mais on ne voulait pas gâcher ce que le MJ nous a prévu pour Osaka en invoquant d'ores et déjà les anciennes amitiés de Kayaku. En fait, il aurait été judicieux d'en discuter.
  • Arrêtons de faire nos autistes : les grosses barrières à l'interne pourraient être levées relativement facilement et il y a des PNJs, un extérieur pour lequel on peut éprouver de la curiosité sans mettre en péril le timing serré (au contraire : discuter des dangers du voyage permet de les anticiper et on peut se renseigner sur des raccourcis


Remarques très vraies quant à ce qui est de faire jouer des séances de voyage et notamment sur l'espace social que crée le voyage en lui-même.

Les CR sont toujours aussi agréable à lire à quand la suite ?
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Messagepar noami » 19 Aoû 2013, 21:54

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Quand le MJ rentrera de vacances. Plus qu'une semaine à tenir. :wink:

Les remarques sur le caractère suspensif du voyage m'ont été inspirées par l'article sur la condition féminine dont tu as donné le lien.
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Messagepar Macbesse » 19 Aoû 2013, 23:02

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Attendons, attendons.

Macbesse a écrit:Les remarques sur le caractère suspensif du voyage m'ont été inspirées par l'article sur la condition féminine dont tu as donné le lien.


Content qu'il ait servi. Comme il n'avait pas été mentionné, je pensais que tu avais déjà connaissance de ce fait.
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Messagepar noami » 20 Aoû 2013, 21:03

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Re: [CR] La Montagne révoltée

Un dimanche après-midi, dans un appartement parisien. Des livres de jeu de rôle, des feuilles de personnage et des pochettes s'entassent sur une table à manger.

- Alors... on a... Lacuna mais je sens qu'il y a des tièdes parmi vous, Impérium mais la configuration n'est pas idéale, Qin mais le MJ n'est pas très chaud... les Brigades Rouges mais il faut que ça mature un peu... enfin on peut se lancer, avec le risque que ça ne soit pas équilibré. Sinon, j'ai apporté Nobilis. le gros livre fait un bruit mat sur la table. Attention, la création de perso est un peu longue.
- J'ai un concept ! Nobilis de la Discorde, ça m'irait bien non ?
- Il y a un pré-tiré pour la Perfidie si tu veux.
- Je serais incapable d'assumer un politique...
- Et sinon, un Tenga ?
- Hum... on est pas non plus dans la bonne configuration.
- Laisse le MJ répondre.
- Ah... je n'ai rien préparé et il faut introduire Susumo dans le groupe...
- Mais je suis le groupe !
- Je vais voir ce que je peux faire...

Le relais des quatre kamis

Augure

Fumi est Kayaku sont restés en arrière. D'après Fumi, Kayaku avait une affaire importante importante à régler. Qu'à cela ne tienne, il ne leur sera pas difficile de les rattraper : cette portion du Nakasendô n'est pas pavée, juste balisée, et les porteurs sont à la peine.
La troupe reprend sa marche vers Osaka, le sanctuaire d'Hashiman et la tombe de la petite marchande de légumes pyromane, qui se tient parfaitement tranquille.
Les porteurs ne vont pas très vite et Dame Mayumi leur présente les risques encourus pour leurs famille pour le cas où ils ne reviendraient pas avant la première neige.
Même ainsi motivés, ils ne peuvent pas outrepasser leurs limites physiques et ils sont vite rattrapés par un jeune homme. Il salue avec déférence Nobukata Morikaze, qui semble épouser les mouvements du palanquin tant elle est frêle. Elle remarque que ce jeune homme au regard dur porte une urne funéraire. Elle appelle la protection de Bouddha sur leur périple.
Le jeune homme poursuit sa route, arrive au niveau de Dame Mayumi. Il a un mouvement de recul en croisant son regard, ses yeux fendus. Dame Mayumi lui souhaite un hiver clément. Il répond que le Bouddha nous a tous en sa garde et Dame Mayumi le fixe sans aménité.
Il essaye d'abord d'éviter Jizo, échange malgré tout quelques salutations et dépasse le groupe.

Les porteurs accélèrent. Ont-ils été encouragés par Dame Mayumi ? Pensent-ils l'arrivée proche ? Lointaine ? Les occupants des palanquins n'en ont aucune idée. Susumo, le jeune homme à l'urne, l'interprète comme un signe, ralentit.
Les porteurs ralentissent. Alors il s'arrête, jusqu'à être rattrapé.

La conversation s'engage avec Jizo, au sujet du sabre enveloppé de tissu que porte le jeune homme. C'était celui de son maître. enseignait au monastère d'Agano. Il a porté son urne de temples en temples en pèlerinage et il la ramène là-bas.

Les palanquins croisent un marchand et ses deux aides, très affairés et flanqués d'un cheval de bât. Ils marchent d'un bon pas et il est curieux qu'ils soient partis si tard. Ils ne doivent pas bien connaître la région. Aucune conversation n'est donc engagée. Dame Mayumi leur souhaite simplement un hiver clément. Et ils ont peur.
Nobukata Morikaze, qui s'est assoupie, sent cette peur immédiate, mais aussi une inquiétude plus profonde. Ils sont comme en effervescence.

Moins d'une heure plus tard, les pèlerins arrivent au relais. Il semble occupé et bien entretenu, mais il n'y a pas le moindre signe de vie, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur.

Devant l'âtre

Jizo hèle, entre. Les occupants ont déserté la relais. L'âtre est encore tiède, du feu du midi sans doute. Il n'y a plus aucun objet de valeur, les trappes ont été soulevées. La maison a comme été fouillée, mais sans marque de brutalité, et les objets personnels sont encore là. Jizo est perplexe.
Susumo a sorti le sabre de son maître et le porte au côté. Il s'est positionné pour défendre les dames. Il apprécie que Jizo lui fasse confiance.
Jizo demande de se tenir prêts à partir. Susumo confie l'urne de son maître à Nobutaka Morikaze et propose d'aller voir où sont partis les occupants du relais. Il dit bien connaître la nature.
Il repère facilement les traces de trois personnes, deux adultes et un enfant. Ils ne semblent pas avoir été spécialement dans l'urgence et ont l'air de savoir où ils vont. Ils cassent peu de brindilles sur leur chemin, ne s'arrêtent pas.
Nanti de ces informations, le groupe décide d'investir le relais.

Dame Mayumi se penche sur le foyer. Elle examine les marques dans le bois. Elles forment des boucles, amples mais comme pressées. Elle fait l'offrande du noeud qu'elle porte dans les cheveux à l'esprit, puis sort chercher Jizo, lui montre la bûche. Il comprend qu'il doit voir quelque-chose et se sent idiot. Elle l'aide un peu - mais juste un peu :
- Vous avez été marqué. Pensez à cela.
Jizo finit par comprendre qu'il doit chercher la marque laissé par les kamis dans le bois. Il ne voit rien de particulier. Une dizaine de minutes passe. Dame Mayumi passe le doigt sur les marques significatives. Le dessin semble avoir toujours été là, alors qu'il n'était pas visible auparavant. Jizo voit maintenant les boucles, mais ne comprend pas plus ce qu'elles peuvent bien signifier. Il demande à Dame Mayumi si le kami du foyer a laissé une trace. C'est un bon début... mais il peut s'agir aussi d'un kami dont la puissance s'étendrait jusqu'ici. Vient ensuite le temps de l'interprétation. Jizo cherche à comprendre à travers les traces ce qui a pu se passer depuis midi. Les traces sont effectivement un peu torturées, mais pour Dame Mayumi, l'événement n'a pas forcément eu lieu aujourd'hui. Le kami a été, est et sera. Le signe peut être passé, présent ou futur. Jizo blanchit. Nobukata Morikaze sourit et dit à Dame Mayumi qu'elle a perdu son élève, mais que l'écouter est très intéressant. Celle-ci essaye d'expliquer à Jizo qu'il peut s'agir de la volonté du kami, et que cette volonté ne dépend pas forcément de l'écoulement du temps. Nobukata Morikaze essaye d'être plus pédagogue : "pensez à un message". Jizo, plein de bonne volonté, s'abîme dans la contemplation de la bûche et perd toute notion de l'heure.
Dame Mayumi donne négligemment la clé à Nobukata Morikaze : un esprit puissant est sur les lieux, mais il est gêné pour exprimer son énergie. Elle n'est pas libérée en un faisceau joyeux mais se replie sur elle-même. Nobukata Morikaze ne l'avait pas senti et elle est un peu surprise. Dame Mayumi lui pose une première question qui lui tenait à coeur : voit-elle l'esprit des défunts ou tous les kamis ? Nobutaka Morikaze dit qu'elle pense voir les deux mais qu'elle n'est pas sûre de bien faire la différence. Dame Mayumi manifeste sa surprise. Elle explique sa propre perception, notamment lors du rite de réception du kami en soi, ou plutôt la sensation de l'énergie, l'irruption du flot vital qui déborde du kami, la lacune, la viscosité et la langueur au contact d'un défunt. Nobutaka Morikaze dit poliment que son interlocutrice est plus avancée qu'elle et qu'elle connaît les kamis de l'intérieur. Dame Mayumi, après un temps de réflexion, finit par conclure que la vision de Nobutaka Morikaze lui donne un accès plus immédiat à l'essence des kamis, tandis que la sienne privilégie l'énergie. Elle se promet de lui en parler plus avant. Pour le moment, elle est très occupée à lui demander ce qu'elle entendait quand elle a dit qu'elle comprenait Yaoya Oshishi.
Et Nobutaka Morikaze répond, la gorge nouée, qu'elle a déjà fait l'expérience de la possession. Dame Mayumi pousse un peu, lui demande si c'est à cette occasion qu'elle a développé son don, puis lui présente ses excuses pour avoir remué des souvenirs douloureux.
Jizo est toujours absorbé dans la contemplation de sa bûche et les quintes de toux de Dame Mayumi ne troublent pas sa concentration.

Incarnations

Susumo était sorti méditer, l'esprit tourné vers l'urne de son maître. Il revient et plaisante avec les porteurs, puis les mobilise pour fouiller la maison en quête de nourriture. Dame Mayumi déclare qu'il fait trop froid à l'intérieur et qu'elle a besoin de prendre l'air. Susumo, étonné, demande si leur conversation la dérange mais elle ne l'entend pas et sort sans répondre.
Il entreprend une fouille méthodique du grenier et finit par y trouver une jarre de riz.
Pendant ce temps, Nobutaka Morikaze se médite près du feu et entame une conversation avec le kami du foyer, qu'elle remercie de son accueil chaleureux. Il est effectivement très accueillant mais pas très heureux. Il se plaint de la dégradation de sa situation et parle de quitter les lieux et de trouver une autre incarnation.
Dame Mayumi s'est installée au bord de la clairière. Par habitude, elle s'est installée sous un arbre mais tourne son attention vers la maison. Elle sent alors une présence puissante mais confuse, comme un brouillard. Il ne peut pas s'agir du kami du foyer. Il est néanmoins concentré sur la pièce la plus ancienne de la maison, qui doit bien avoir plus d'une centaine d'années. Il n'y est pas lié, pourtant, et Dame Mayumi si cette pièce n'est pas le siège d'un troisième kami. Le kami désire communiquer mais a des difficultés à se manifester. Il n'a d'ailleurs pas d'incarnation. Dame Mayumi entre dans la pièce où cuit désormais du riz, demande à un porteur de lui amener le baquet d'eau sous l'arbre. Tous sont attentifs mais aucun ne pose de question.
Avec ses feuilles séchées, elle asperge les alentours d'eau, puis bat la mesure. L'esprit se met en rythme et finit par réussir à communiquer. C'est la première fois. Il en est très content, d'autant plus qu'il a un problème. On lui a retiré son incarnation, une incarnation vide est venue sur elle, et il ne peut pas la régénérer. Et un autre esprit est venu. Il est faible, il commence à prendre possession de l'incarnation qui le gêne. Il n'a pas vraiment de prise sur lui et ne comprend pas ce qui se passe, et il ne sait pas quoi faire contre cette incarnation vide. Dame Mayumi propose d'abord de prendre possession de l'incarnation, ce qu'il refuse catégoriquement. Elle demande quelle était celle qu'il a perdue - un arbre. Elle argumente : l'incarnation est aussi en bois. Devant le refus renouvelé, elle propose de déplacer ce qui reste de son incarnation. Là encore, nouveau refus. Il propose la destruction de l'incarnation qui le gêne. Elle lui répond que deux autres esprits en pâtiront. Il ne comprend pas pourquoi l'esprit du foyer - avec qui il a de bonnes relations - en souffrirait, et elle tente de lui faire comprendre. Enfin, elle s'engage à trouver un compromis acceptable pour les trois parties et met fin à l'entretien.
En rentrant, Dame Mayumi ne fait guère attention à la bonne odeur de riz cuit et expose le problèmes en terme clairs et compréhensibles par tous - si ce n'est qu'elle tousse beaucoup pendant l'exposé. Un premier esprit, puissant, celui qui a laissé des marques dans le bois, avait comme manifestation physique un arbre, qui a été coupé - Susumo confirme avoir vu une souche pendant son exploration. Pour agrandir la maison, cet arbre a été coupé et l'esprit s'est retrouvé sans incarnation, ou presque. La maison a recouvert la souche - toujours vivante - et l'empêche de reprendre. Cela explique les boucles nerveuses dans les marques laissées sur le bois. Or, une partie de la maison est suffisamment ancienne pour servir d'incarnation à un esprit. Nobukata Morikaze comprend aussitôt les enjeux et complète : bientôt, le conflit deviendra possible entre les deux, puisqu'ils seront enfin de même nature. Jizo dit qu'il avait cru comprendre que le temps n'avait pas de prise sur les esprits et devient plus confus encore. Quant à Dame Mayumi, elle a un hochement de tête approbateur et ajoute que ce genre de conflit a toujours des conséquences pour les hommes - au moins pour les occupants, et sûrement pour des voyageurs. Le sachant, elle est investie d'une responsabilité et ne veut pas partir sans avoir pris les mesures nécessaires, mais le temps presse.
Un consensus s'installe bientôt : il faut abattre la partie qui recouvre la souche. Eventuellement, il sera possible de reconstruire suivant un plan en L. C'est la seule solution qui paraisse viable. Dame Mayumi veut s'assurer que cela ne gênera pas l'esprit de la maison. Elle fait organiser un deuxième repas dans la pièce ancienne et demande de la convivialité. Finalement, l'esprit réussit à se manifester. Il est assez hésitant, balbutiant, mais Dame Mayumi le met en confiance en lui expliquant comment tenir son rôle au mieux, comment retenir les âmes qui viennent, leur faire plaisir, "les protéger des flocons de Yuki Ona et des gouttes de Susano-wo". Le kami lui parle avec déférence et lui demande d'intercéder auprès des déesses pour qu'elles n'en prennent pas ombrage. A la fin de l'entretien, Dame Mayumi est certaine que le kami n'aura pas conscience des modifications de la partie récente de la maison. Elle les évoque en termes vagues, comme une amélioration, pour que son "énergie s'écoule de manière plus harmonieuse".
Elle couche ensuite par écrits ses instructions pour les occupants de la maison, fait valoir la bénédiction que représente la conjonction de trois kamis comme la menace qui pèse s'ils laissent le conflit s'envenimer, et montre que les menus travaux sont finalement un tout petit effort au regard des ennuis évités et des bénéfices que prodigueront les esprits au "relais des trois kamis".
Elle signe, s'engage, et remet le document à Susumo qui s'est proposé pour attendre les occupants.
Tout semble en ordre.

Le quatrième kami

Le lendemain matin, Dame Mayumi presse à nouveau les porteurs. Susumo reste à méditer et attend les porteurs. Peu avant midi, il a la surprise de voir les palanquins... et leurs occupantes la surprise de voir le relais.
- Un des trois kams, peut-être un kamii qui sera puissant, nous a fait revenir, propose Morikaze
- ... mais nous sommes parties loin de leur influence
- Peut-être un quatrième kami ? propose Susumo
- La route, répondent en choeur les deux femmes.

Dame Mayumi cherche une borne et délimite un espace sacré autour d'elle avec du ruban rouge et le petit groupe retire la mousse, dégage les hautes herbes et gratte les moisissures. Le kami de la route, que ce rituel a mis dans les meilleures dispositions, ne tarde pas à se manifester. Il parle par signes, par animaux qui traversent, par souffles, par troubles de l'horizon, mais Dame Mayumi a suffisamment d'expérience pour le comprendre. Les instructions de Dame Mayumi seront bien transmises, mais pas appliquées. Il faut qu'elle reste. Dame Mayumi répond qu'elle a un engagement important envers Yuki-Ona, et qu'elle doit être rentrée avant la première neige. Le kami de la route comprend, et ne veut surtout pas être en froid avec la dame des neiges. Il peut faire revenir les âmes qui s'occupent du kami de la maison rapidement, puis favoriser son voyage. Dame Mayumi s'assure que des instructions orales suffiront et le kami en est sûr. Il pose cependant une condition supplémentaire : il faudra que ces âmes fassent prospérer le relais et - implicitement - entretiennent le segment de route qui y mène. L'accord est conclu.

Jizo propose à Dame Mayumi de rester pour participer aux travaux. Il pense au temple qu'il aura à reconstruire. Elle trouve que c'est une excellente idée.

A peine vingt minutes plus tard, les occupants du relais viennent, un peu hagards, à la rencontre d'une impressionnante miko et d'une frêle jeune femme, et voient leur maison marquée de signes étranges et le sol jonché de cailloux blancs, comme des augures. Ils écoutent, attentifs, entre la peur et l'inquiétude. Pourtant, à mesure qu'ils l'écoutent, l'espoir, qui semblait perdu - les voyageurs évitaient le relais, ce qu'ils ne comprenaient pas, ils s'y sentaient bien - renaît.

Fin du scénario
Je dévorerai la bureaucratie comme un loup. - V. Maïakovski
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Macbesse
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Messagepar Macbesse » 15 Oct 2013, 17:58

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