Récits de patients

Folie, Amnésie, Blouses Blanches...

Récits de patients

Petits récits de milieu de thérapie :

Le Cow-boy a écrit:Ma tête ... Toujours ce mal de tête ... Sûrement une insolation.
Les choses sont confuses depuis que je suis ici. Comment ai-je pu croire
que le Ranch était une attraction ? J'en viens. Non ?
Croire que l'on veut aller là d'où on vient. C'est confus. J'avais
effectivement besoin de vacances, ils avaient raison au Ranch.
Dommage que j'ai l'aventure dans le sang. Même les vacances, pour un cow
boy, c'est dangereux. Mais ils ont bien vu à qui ils avaient à faire : on
me marche pas sur les bottes, on touche pas à ma nana. Où est ce foutu
crachoir ?

M'est avis que ce trou puant aurait bien besoin d'un nouveau shérif. Les
gibiers de potence semblent faire la loi, ça sent le moisi leur truc. Va
falloir tirer tout ça au clair, laisser parler la poudre.
Comment je le sais ? L'instinct petit. La seule chose qu'un homme de
l'ouest peut suivre sans jamais se tromper. Sauf quand il s'agit de femmes.
Elle est bien ma copine, hein ? HEIN QU'ELLE EST BIEN, MA COPINE ?!!
C'est ça d'être un cow boy. C'est le pédigré. Mais suis-je vraiment un cow
boy ? Non. Plus maintenant. Plus maintenant que je n'ai plus mon chapeau.
On peut faire beaucoup de choses à un homme. On peut lui loger une balle
dans le crâne, l'enterrer à six pieds sous terre, cracher sur sa tombe et
piétiner sa dignité.

Mais on peut pas lui prendre son chapeau. ça, non. Y'a des limites. Un peu
d'honneur, merde.

Ce Kemper est déjà mort. Il ne le sait juste pas encore. Il va payer pour
ça. Et dès qu'il discuter avec les vers, je prend ma nana, mon fils, et je
me tire. On retourne au Ranch.
Mais d'abord, le père Kemper. Si seulement j'avais mon Colt. Qu'est ce que
j'en ai fait ? Et si c'était le mien que Clef gardait si jalousement ?
Après tout, j'le retrouve plus depuis que je suis arrivé.
C'est peut être bien lui qui me l'a volé ...




Le Crado a écrit:Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé depuis que je me suis réveillé dans ce trou à rats. Je ne me souviens de rien, ni de mon nom ni de ce que je peux bien foutre là, à errer au milieu de ces dingues. Ils sont tous complètement fous et je crois que les patients sont loin d’être les pires…

Encore que ce vieux tarré et cette gamine frapadingue en tiennent une couche. Ils sont arrivés à peu près en même temps que moi je crois, en tout cas c’est avec eux que je passe du temps. Ils sont marrant et il nous arrive plein de chose. Et franchement, c’est bien tout ce qui compte à l’heure actuelle, ne pas mourir d’ennui…
J’ai bien essayé de me débattre au début, quand j’ai rencontré cette psychopathe dans son bureau malsain. Il parait qu’elle est censée m’aider à guérir. J’ai pas beaucoup de souvenirs mais de là où je viens c’est plutôt les gens comme ça qu’on enferme ! Non mais sérieux, qui se baladerait pieds nus dans un bureau remplis de verre pillé ?! Mais bon, je me suis vite rendu compte que c’était peine perdue. A quoi bon ? On sortira jamais, et vu la gueule des locaux, on pourrait être là depuis des années que ça m’étonnerai même pas.

Alors on fait n’importe quoi avec les deux débiles, ça passe le temps. Ça me fait penser à la fois où on a aidé l’autre mec cheulou qui voulait s’échapper. Me souviens plus de son nom mais on l’appelait Monsieur Evasion. Il voulait des tonnes de trucs étranges pour son évasion, mais bon, on était naïfs à l’époque. Et puis faut dire aussi qu’on n’avait rien d’autre à foutre. On va pas se lever uniquement pour attendre le traitement suivant, c’est pas une vie. Alors on les a cherché ses trucs cheulous. Pour la pelle on a du se déguiser en fantôme toute là journée, ça c’était marrant. Enfin, jusqu’à ce qu’on tombe sur ce chien masqué qui a à moitié défiguré l’Artiste. Et puis l’autre mec s’est suicidé avec ce qu’on lui avait ramené et ça a été notre fête. Bizarrement la direction n’aime pas les gens qui se suicident dans l’hôpital. Dormir sur un lit à clous c’est pas ce qu’il y a de plus confortable mais j’ai vite appris à mes dépends que c’était loin d’être le pire.

C’était quand on a appris qu’il y avait des basilics dans l’hosto. Pas la plante aromatique, l’animal. Le machin qui rend aveugle là. Evidemment qui c’est qui l’es devenu ? C’est l’Crado… Heureusement que bouffer leurs putains d’yeux rend la vue. Mais ce débile de Vioc a voulu y retourner pour en cuisiner. Non mais sérieux, il a un grain lui ! Et quand il s’est fait défoncer par les bestioles c’est encore moi qui ait ramassé. Je sais pas si vous avez essayé mais c’est pas facile de pas avouer quand on vous envoie des décharges électriques dans tout le corps. En tout cas moi j’ai pas réussi.

Heureusement que Gord est là pour me fournir ma dope, parce que c’est flippant cet hosto. Surtout cette gamine là avec ses nounours. Elle me fait sérieusement flipper. Des fois je me demande si c’est pas mon gosse. Mais c’est pas possible d’avoir si peur en voyant son propre gosse, si ?

Des fois je me dis que je dois être complétement barge moi aussi à écrire comme ça dans le noir en voyant à peine le bout de mes doigts. Et puis j’écris à qui sérieusement ? A cette putain de machine à écrire qu’est pas foutue de donner une explication claire ? Comme si je croyais encore qu’il y a quelqu’un qui pourrait lire mes divagations… Mais j’arrive pas à dormir… Une deuxième visite aux électrochocs ça remue un peu la cervelle. Faut dire aussi que c’est la première fois que je sniffe cette putain de poudre…. Je crois que je vais essayer de dormir, ça tourne moins autour de moi… Impossible de dormir. Cette putain de poudre est coriace. Les effets sont bien violents. Pourtant la dernière fois que j’en ai pris les murs m’ont donnés de bon conseils. Je vais continuer à la fumer, c’est mieux. C’était pas longtemps avant que le cowboy arrive je crois. Le mur de ma chambre m’avait dit d’aller voir Vigorsen, en pleine nuit. Et ma porte était ouverte, jamais compris pourquoi.

Et comme par hasard le bureau de l’autre folle était ouvert, ça aussi c’est un mystère. Toujours est-il que je suis rentré, mais la drogue aidant, j’avais pas mes grolles alors je me suis servi de ma chemise pour protéger mes pieds. La machine à écrire m’a parlé, la machine à écrire ! En même temps je devrais peut être pas m’étonner pour si peu. J’ai bien rencontré un chat, un cafard et des murs qui parlent. J’ai fouillé son bureau et puis j’ai trébuché comme un con. Je sais pas si vous avez déjà essayé de vous jeter à plat dos sur du verre pillé mais c’est clairement pas une bonne idée.

Heureusement que l’Artiste et Gord étaient là pour me soigner.

On a rencontré le Cowboy pas si longtemps après. Un bon gros taré lui aussi si vous voulez mon avis. Il est persuadé qu’on est dans un camp de vacances. Tant mieux pour lui si ça peut l’aider à aller mieux, mais j’ai des doutes là-dessus. Enfin bon, il est marrant aussi, il est vite venu faire n’importe quoi avec nous. Il y a commencé à avoir plein de disparitions bizarres dans l’hôpital quand il est arrivé, dont le Vioc quand j’y pense et des espèces de bruits dans les couloirs comme un mec qui boîte. Alors on s’est renseigné et puis quelqu’un a fini par laisser notre porte ouverte la nuit, alors on est sortis. Et on est tombés sur le mange mains. Un espèce de colosse avec une lame à la place du bras… Il a pas attaqué le Cowboy au début, et puis quand on l’a agressé avec Chakra on s’est pris une bonne grosse dérouillée…

C’était dans les corridors du 2ème. Il y a plein de trucs dans ces corridors. Le mieux restant la salle de l’orgue, Mon orgue. Je sais foutrement pas où j’ai appris à en jouer mais je peux rester des heures dans cette salle à jouer sur ses touches. Ça me détend grave. Et puis il y a le musée aussi, avec l’oeuvre de Morgue. Et Morgane, la copine du Cowboy. Il semblerait qu’ils aient été ensemble avant, et ya une histoire de gosse aussi mais j’ai pas tout compris…

Je crois que les délires de la poudre me reprennent, ya des créatures cheulous dans ma piaule… Ma tête me fait mal… J’ai du mal à me souvenir de tout, heureusement que je prends des notes… Il faut que je retourne voir mon orgue…

...

...

...

Ça va un peu mieux, je me suis endormi sur ma table… Décidément les rails c’est pas pour moi, mais c’est peut être juste parce que c’est la première fois, je m’habituerai peut être, faudra que je réessaye. En tout cas le vioc est revenu, encore plus barge qu’avant. Je sais pas où il était mais ça l’a pas arrangé. Autant dire qu’avec les trois on se marre plutôt pas mal. Mais va falloir que je dorme, je me sens pas super bien là..





L'artiste a écrit:Cela fait maintenant un certain temps que je suis dans cet hôpital. Je
ne tiens pas un compte des mois qui passent parce que je n'aime pas
trop les chiffres mais comme personne ne m'a souhaité mon
anniversaire, je dirais que cela fait un peu moins d'une année.

Les patients de l'hopital sont dans l'ensemble assez fous, mais la
majorité refuse de le reconnaitre. C'est bien dommage car le premier
pas vers la guérison est sans doute de prendre conscience de ses
troubles. Malheureusement, le personnel de l'hopital n'est pas très
compétent et je crains que beaucoup de patients ne se remettent jamais
des traumatismes qui ont du les amener ici ou des traumatismes qu'ils
ont pu subir au sein de l'hôpital.

Pour ma part, la mémoire semble ne pas vouloir revenir. J'espère que
je me rappelerais un jour de ma vie passée mais comme je commence à me
sentir chez moi ici, cela n'a pas vraiment d'importance si je ne sors
jamais. Après tout, peut être que ma vie dehors était plus mauvaise
que ma situation actuelle ?

"Mieux vaut un tiens que deux tu l'auras" comme disait un autre fou
dans un autre univers.

Bon, quelque chose d'assez troublant pour moi est cette idée que mes
amis aiment à répéter, comme quoi le personnel de l'hôpital ne serait
peut être qu'une bande de fous ayant pris le contrôle sur les autres.
Cela me fait un peu froid dans le dos. Mais avoir vu des patients avec
les lunettes du supérieur Stein, avoir rencontré le supérieur
Morgenstern, qui m'avait l'air tout aussi désemparé que certains des
malades ici, et avoir vu mon propre supérieur en compagnie de patients
impliqué dans une magouille pour choisir le prochain patient à tirer
le numéro 13 ?

Je commence à avoir des doutes sur la qualité des soins apportés
ici... En fait, je dirais même de très sérieux doutes... Tout le monde
ne cesse de répéter que personne ne sort jamais d'ici. Serait-ce la
preuve irréfutable que le personnel est incompétent ? voire inexistant
?

Non, non, je ne peux pas faire confiance aux autres patients plus qu'à
mon supérieur. Allons, ce sont des fous après tout ! Qui croirait une
bande de fous ? Il faut rester confiant, sinon la guérison n'a pas de
sens ! Guérir un amnésique pour récupérer un paranoïaque ? Non merci !

Je ferais mieux de retourner dessiner des poissons ! Des poissons ?
Pourquoi des poissons d'ailleurs ?
Je crois que cette histoire de dauphin me monte à la tête... Je n'ai
pas vraiment pleine possession de mes moyens, ça s'est sur. Il faudra
que j'en parle à mon supérieur ! Je vais simplement aller dessiner
Crado jouant de l'orgue. Je pense que ça me calmera. Ca et quelques
gellules... Oui, ça me calmera...
Avatar de l’utilisateur
Val
Zombie maresqueux
 
Messages: 48
Inscription: 04 Nov 2010, 19:41

Messagepar Val » 10 Juil 2012, 13:19

Haut

Re: Récits de patients

Et le quatrième !


Le vieux Schnok a écrit:Je me suis réveillé visiblement pas en possession de toutes mes facultés.
Je ne me souvenais pas trop de se qu'il s'était passé avant, néemmoins une
charmante jeune fille avec un petit ours en peluche ainsi a essayé de me
mettre à l'aise. Il y avait aussi un jeunot (qui a malheureusement finit
ses jours dans une machine à laver...). Ma rencontre avec le Superieur
Kemper a suivi, un homme formidable. Il consacre une bonne partie de son
temps à essayer de faire en sorte que ses patients aillent mieux. Il faut
bien reconnaitre que la vie dans l’hôpital n'est pas très monotone, je me
suis fait des amis très intéressants et il nous est arrivé des tas de
choses palpitantes. Afin de mettre comme qui dirait un peu de beurre dans
les épinards, je me suis porté volontaire pour aider le Superieur Butcher à
faire avancer la Science. C'est un homme charmant, c'est mon nouveau
supérieur. Je dois dire qu'il n'est pas aussi dédié à son travail que le
Supérieur Kemper mais chacun ses défauts n'est-ce pas?
Mes amis et moi donnons un peu dans l'humanitaire dernièrement. Nous avons
aider un aveugle à retrouver la vue (dommage qu'il soit mort depuis), réuni
un certain nombre de choses pour aider un patient à s'évader (pas de
chance, il s'est suicidé - d'ailleurs depuis une drôle de créature rode
dans les couloirs), nous sommes aussi déterminés à en apprendre plus sur
l'histoire de cet hôpital, car il n'y a rien de tel que la connaissance.
Cependant cela nous a mis dans de drôles de situation et je suis désormais
déterminé à éviter de nous faire prendre en pleine infraction du réglement.
J'ai oublié de mentionner que le directeur de cet établissement est un
homme formidable.
Avatar de l’utilisateur
Val
Zombie maresqueux
 
Messages: 48
Inscription: 04 Nov 2010, 19:41

Messagepar Val » 29 Sep 2012, 00:22

Haut

Retourner vers Patient 13

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité